Intervention Philippe NALEWAJEK Secrétaire Général du Syndicat CGT WAGON Automotive Douai
Intervention Philippe NALEWAJEK
Secrétaire Général du Syndicat CGT
WAGON Automotive Douai
Chers amis, chers camarades,
Comme nous l’avions décidé il y a quelques semaines, nous sommes aujourd’hui rassemblés dans cette cour de l’usine la plus ancienne du Douaisis : 112 ans d’existence.
Mais avant de faire mon intervention sur les raisons de cette action particulière qui vous permettra dans quelques instants de visiter nos ateliers et découvrir notre Outil Industriel, je voudrai rendre hommage à un grand, très grand militant de la CGT qui nous a quitté brutalement Dimanche dernier et avec qui nous avions décidé de réaliser cette « Portes Ouvertes ».
Jacques LECLERCQ, Secrétaire Général de l’Union Locale CGT du Douaisis, nous a quitté, victime d’un arrêt du cœur.
Ce fameux cœur qu’il avait mis au service de tous les salariés qui luttaient pour obtenir des acquis sociaux, défendre leur emploi, mettre en avant leur dignité d’homme ou de femme de notre pays.
Il était de tous les combats, pour les libertés Syndicales et Individuelles, le Droit à la Santé ou au Logement, la défense des Sans Papiers ou des Palestiniens dans leur combat historique pour la reconnaissance de leur Etat.
Son cœur était toujours ouvert, comme son téléphone pour répondre immédiatement à tout appel d’un salarié ou d’un Syndicat qui souhaitait, soit un conseil, soit son intervention.
Depuis 1975, j’ai eu la chance de militer à ses côtés, nous étions des frères de combat, dans les nombreuses victoires que nous avons obtenus avec les salariés comme dans les moments difficiles où nous nous serrions les coudes pour nous soutenir mutuellement face à nos adversaires.
Jusqu’à Dimanche dernier, Jacques nous apparaissait comme un monument indestructible !
Pour lui, son adhésion à la CGT s’était faite tout naturellement sur la base de la « Lutte de Classes » qu’il vivait chaque jour avec la grande masse des citoyens de notre pays, l’immense masse des travailleurs qui se révoltaient devant les injustices sociales.
Dans la période que nous vivons actuellement : comment des syndicalistes ou des politiques peuvent penser le contraire lorsque l’ont voit, les milliards d’Euros qui sont consacrés au grand Capital au détriment de la grande masse de la classe ouvrière ?
Cette dégradation de nos engagements fondamentaux vis à vis des salariés dans sa propre organisation syndicale, le perturbait terriblement.
Il ne comprenait pas, comme beaucoup d’entre nous, que la situation sociale des travailleurs se dégradait ces dernières années, alors que dans le même temps, une minorité de capitalistes voyaient leurs dividendes exploser sans que son organisation syndicale organise, au plus haut niveau, les actions nécessaires pouvant aller jusqu’à la grève générale.
Pire, chacun le sait, il était contesté sur ses engagements loyaux vis-à-vis des salariés et attaqué en permanence sur les convictions qu’il défendait depuis près de 35 ans.
C’est pour cette raison que son cœur a lâché car, comme tout militant syndical ou politique, nous sommes avant tout des hommes et des femmes avec nos qualités et nos défauts !
Mais si aujourd’hui, son cœur à lâché, ses idées sont restées et nous les avons fait « nôtres » au sein de notre Union Locale CGT du Douaisis.
Au nom de celle-ci et de ses militants, mais également au nom de ses nombreux amis et camarades, je vous demande de respecter en sa mémoire, une minute de silence, avant de lui rendre un dernier hommage, demain à 10 h 30, à la Mairie de Douai dont il était un Conseiller Municipal d’opposition omniprésent.
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Je vous remercie.
Comme je le disais au début de mon intervention, cette manifestation aujourd’hui dans la cour de notre entreprise est très symbolique pour le Douaisis.
En effet, nous sommes ici dans l’enceinte de la plus ancienne entreprise du Douaisis, dont le nom fondateur ARBEL était reconnu bien au-delà de nos frontières.
D’une part, ARBEL FAUVET RAIL, 297 salariés, dernière entreprise française à construire des Wagons pour le fret ferroviaire.
Depuis près de 10 ans, cette entreprise est soutenue par la Communauté d’Agglomération du Douaisis et le Conseil Régional qui ont toujours cru et ils ont eu raison, à l’avenir industriel de ce site.
Le nombre de brevets que détient cette entreprise est impressionnant !
Les salariés de cette entreprise sont capables de produire :
Mais AFR possède également le brevet d’un prototype homologué de transport ex container ou camion sur rail, la fameuse autoroute du rail qui pourrait désengorger l’axe Nord Sud sur les autoroutes routières et, en particulier, l’A1.
Aujourd’hui, cette entreprise est en dépôt de bilan et sous administration Judiciaire depuis le mois de Janvier 2009, pour un délai d’observation de 4 mois
Nous ne pouvons pas laisser disparaître la seule entreprise française de construction de Wagon sophistiqués alors que des solutions existent par la sauvegarder et même la développer.
Il nous parait important que le Ministère de l’Industrie étudie un projet de création d’une filiale du groupe ALSTHOM, spécialisée sur cette activité et regroupant plusieurs entreprises sous traitantes autour d’AFR Douai.
Nous préparons actuellement des propositions que nous présenterons aux élus politiques du Douaisis de la Région afin d’étudier la faisabilité pour la présenter ensuite au Ministère.
Avec les salariés de cette entreprise, le Syndicat CGT d’AFR envisage d’organiser prochainement une « Portes Ouvertes » pour présenter à la population douaisienne, et au-delà, leur « savoir faire » !
En ce qui concerne WAGON Douai, ex OXFORD, nous ne sommes pas une entreprise ferroviaire mais un équipementier automobile.
580 salariés travaillent sur ce site pour RENAULT Douai, SEVELNORD à Hordain, MCA à Maubeuge et PEUGEOT Sochaux essentiellement.
C'est-à-dire que nous travaillons à 85, voire 90 % pour les deux Constructeurs Automobiles français : Renault et Peugeot en Emboutissage et Assemblage, mais également en peinture cataphorèse sur notre site de Sin le Noble.
Ces dernières années, nous avons été les « jouets » d’actionnaires Anglais et Américains peu scrupuleux qui nous ont amené en situation de dépôt de bilan et placé sous Administration Judiciaire depuis le 11 Décembre 2008.
Pour une fois, nous disons que cette décision était la meilleure à prendre pour sauver les 8 sites français qui regroupent plus de 2000 salariés.
En effet, le libéralisme Anglais a permis aux actionnaires de ce pays de liquider en 3 jours un site de production de près de 300 salariés et un mois plus tard, de raser la totalité des bâtiments pour présenter un terrain libre de tout engagement industriel et voué à l’immobilier.
Si nous n’avions pas réagi rapidement début Décembre, nous ne serions pas rassemblé dans cette entreprise aujourd’hui, mais ce terrain aurait, peut être, été choisie pour accueillir le projet commercial en cours sur la place du Barlet… avec 580 chômeurs de plus et bien plus avec nos sous traitants.
Aujourd’hui, l’Administrateur Judiciaire nous présente un Plan de 90 suppressions d’emploi d’ici la fin du mois pour avoir une chance d’être repris par un repreneur, ce qui ne veut pas dire, avec le reste du personnel.
Or, nous l’affirmons haut et fort, notre site, que vous pourrez visiter dans quelques minutes, n’est pas viable avec cette réduction du personnel.
La seule solution est d’amener les charges de travail qui nous manquent actuellement, soit prés de 50 % qui se traduisent pour chaque salarié par 10 jours de chômage par mois.
Et les possibilités d’inverser cette solution existent puisqu’il faut, non seulement arrêter les délocalisations, mais relocaliser les productions de véhicules fabriqués dans les pays à bat coût pour être revendus dans notre pays.
C’est ce que nous avons proposé au Ministère de l’Industrie ce Lundi en proposant que les entreprises du Groupe WAGON servent de base à la création d’un équipementier capable de rassembler le maximum d’entreprises françaises pour répondre aux besoins de nos 2 constructeurs RENAULT et PEUGEOT.
Les 6 Milliards d’Euros prêtés à ces derniers doivent servir à sauvegarder l’emploi dans notre pays, l’Industrie et l’économie de la France.
Toute diminution de notre industrie et, en particulier, dans une Industrie aussi importante que l’automobile, se traduirait par un appauvrissement de notre Pays.
Mettre en place une activité de services ne peut se faire que sur une assise industrielle forte, développant des richesses et donc une vraie économie sociale.
Il est donc essentiel que d’autres choix financiers soient pris très rapidement au profit des salariés en premier lieu, mais également vis-à-vis des équipementiers et des sous traitants automobiles qui ne bénéficient d’aucune aide financière durant cette crise.
Le Ministère nous a informé qu’un « Plan de Continuation » était à l’étude pour notre groupe et qu’à partir de cette décision, d’ici 3 à 6 mois, nous pourrions bénéficier d’une aide financière.
Nous avons donné rendez-vous aux représentants du Ministère d’ici un mois pour leur présenter un projet industriel cohérent.
D’ici là, avec les salariés, nous déciderons des actions nécessaires à mener tout en appellant la population douaisienne à nous soutenir et à se positionner à nos côtés.
C’est dans ce sens que nous vous invitons, après les interventions syndicales, à visiter notre entreprise où vous serez accueilli par les salariés qui, fièrement, vous présenteront notre Outil Industriel et notre Savoir Faire !