ELECTIONS EUROPEENNES: ABSTENTION CITOYENNE !

Europe, Union européenne, de quoi parle-t-on?
Les promoteurs de l'UE entretiennent un mensonge permanent : ils parlent toujours d'Europe (qui est une réalité géographique) pour désigner l'Union Européenne (qui est une réalité politique et économique), afin de faire croire qu'être pour l'Europe serait aussi naturel que respirer. En réalité, leur Europe, c'est l'Union Européenne, créée en 1957 sous l'impulsion des grandes entreprises privées européennes et d'hommes politiques à leur service, qui étaient aussi anti-communistes que méfiants vis-à-vis de la souveraineté populaire.
Pour eux, l'UE répondait à plusieurs objectifs :
> construire un marché continental pour les multinationales afin de leur offrir des débouchés pour leurs marchandises et de mettre en concurrence les peuples et les travailleurs
> construire un « empire » supranational dirigé par des institutions non élues (commission de Bruxelles, Banque central européenne, bureaucratie bruxelloise...) dont les décisions s'imposent aux parlements nationaux et aux souverainetés populaires. D'ailleurs, dans cette « Europe », seuls les députés sont élus mais ils n'ont aucun pouvoir : leur élection sert de vernis démocratique sur des institutions profondément anti-démocratiques
> Mener sous domination états-unienne, dans la logique des blocs, l'affrontement contre le socialisme et empêcher tout peuple de l'Europe de l'Ouest de construire une société socialiste
Quelle est la réalité de l' « oeuvre européenne »?
> Au niveau économique et social, l’histoire de l’Union Européenne n'est que l'histoire des politiques visant à accroître les profits des grands monopoles capitalistes en s'attaquant aux salaires, aux services publics, à l'emploi, aux acquis sociaux.
> Au niveau démocratique, les choix des peuples sont systématiquement contournés : les français, irlandais, hollandais ont dit NON à la constitution européenne en 2005 ? Qu'à cela ne tienne, on fait une constitution bis sous la nom de « traité de Lisbonne » et on l'adopte dans le dos des peuples par voie parlementaire, en France avec le soutien du PS. Et le peuple irlandais qui a dit NON à Lisbonne est sommé de re-voter une deuxième fois pour dire OUI !
> Enfin, dans le monde, l'UE, agent actif du « néolibéralisme » et du pillage organisé des ressources et des hommes des « pays pauvres », se pose de plus en plus en bloc impérialiste tantôt allié, tantôt opposé aux USA, mais toujours au service des monopoles capitalistes (dans les Balkans, en Afghanistan, en Irak, en Palestine...).
> Pour la France, l'UE c'est la CASSE TOTALE DU PAYS : industrie délocalisée, agriculture familiale anéantie, commerce de proximité écrasé par Auchan et Leclerc, départements et communes mis au pas par l'Europe des régions de Balladur-Mauroy, casse de la laïcité républicaine, casse du droit du travail, démantèlement des réformes progressistes de 1936 et 1945 (retraites, sécu, services publics...), et même casse de la langue française à laquelle le grand patronat substitue, sur consigne européenne, le "tout anglais".
L'UE peut-elle alors être sociale?
Par sa nature et son histoire, l'UE est une construction toute entière tournée contre les travailleurs et les souverainetés populaires. Pas plus qu'un tigre ne peut devenir végétarien (ou que le capitalisme « moral », l'OTAN « pacifique »...), l'UE ne peut devenir sociale. La seule solution pour des politiques sociales progressistes, c'est de sortir de l'Europe.
Dans ces conditions, parler d'Europe sociale, c'est semer des illusions et détourner la colère populaire en laissant le champ libre aux politiques anti-sociales et anti-démocratiques formatées par l'UE et les grands groupes capitalistes.
Ne l'oublions pas, les socialistes incitaient à voter « Oui à l'Europe sociale » en 2005. Aujourd'hui, le PCF appartient au « Parti de la Gauche Européenne » financé par l'UE et dont les statuts prévoient la défense des institutions de l'UE et la « promotion de la conscience européenne ». Quant au NPA, il poursuit la ligne trostkiste de mépris pour la Nation populaire et il confond allègrement internationalisme (entre nations souveraines) et supranationalisme qui nie les souverainetés populaires au profit des grands capitalistes.
POUR S’ EN SORTIR, IL FAUT SORTIR DE l'UE!
Alors frappons ces élections qui cherchent à donner un masque démocratique à la mascarade anti-populaire de l’UE, à la dictature capitaliste de l’UE qui impose chaque jour à toutes les catégories populaires des mesures de régression et de misère. Nous ne disons pas "élections piège à cons" car il peut y avoir sens à participer à des élections nationales; mais s'abstenir massivement dans les conditions actuelles, c'est refuser de cautionner le cadre supranational dictatorial actuel ; c'est aussi favoriser les luttes, empêcher la fausse gauche de faire à nouveau diversion au "tous ensemble en même temps" qui monte contre Sarko-MEDEF et les directives dictatoriales de Bruxelles.
Abstenons-nous pour leur montrer que nous ne sommes pas dupes : ils nient et violent notre vote souverain, frappons de nullité leurs pseudo-élections par un mouvement massif et majoritaire d’abstention. Ils verront ainsi que nous disons toujours NON A L’UE DU CAPITAL ! Outre cette « grève des urnes », promouvons l’Europe des luttes non pour « améliorer » l’UE, mais pour jeter bas l’euro-dictature.
Et qu’ils ne tentent pas, ceux qui exploitent et dressent les travailleurs et les peuples les uns contre les autres, de nous faire passer pour des xénophobes, des nationalistes réactionnaires. C’est parce que nous sommes internationalistes et patriotes que nous disons NON A L’UE ! C'est en sortant de l'Europe supranationale que nous pourrons mettre en place des politiques progressistes et développer l'entente et la coopération entre les peuples et les pays (et pas seulement ceux d'Europe) dans le respect de leur souveraineté, comme le fait l’ALBA en Amérique Latine.