L’avenir de Lens et du Bassin minier c’est d’abord les milliers d’emploi de la Française de Mécanique !
Pour nous, construire aujourd’hui notre avenir et celui de nos enfants ne passe pas seulement par refuser frontalement la casse des acquis sociaux et de la France républicaine engagée chaque jour par Sarko-Medef et l’Union Européenne du Capital .
Notre seule chance passe par le refus de l’Euro qui démantèle notre bassin minier populaire, démantèlement orchestrée notamment par Guy Delcourt, aidé de la Communaupôle et de la Région, autour du suicidaire projet du « Nouveau Lens ». Car, fondamentalement, aujourd’hui, l’UMP et le PS se partagent grassement le pouvoir, nationalement avec l’appareil d’état et ici avec les régions.
C’est là à la fois la condition et la récompense de tous ces notables au service zélé de la construction capitaliste de l’Europe (qui, heureusement, prise dans ses contradictions internes se tire elle-même régulièrement une balle dans le pied !).
C’est bien cette Europolitique qui se décline à Lens, enjeu stratégique de la Mégapole rêvée par Mauroy, Bonduelle, Aubry, Balladur, Vancaille et Cie.
Car la concurrence libre et non faussée imposée par Maastricht nécessite par ailleurs aussi la casse de la France et de sa structuration élaborée par les révolutionnaires de 1789 en communes, départements, nation .
Cette déconstruction nationale doit ainsi servir l’UMPS à « mutualiser » encore plus l’offre de services, notamment publics, sur le territoire de l’Europôle prévue dans le cadre de l’Eurorégion, et ceci dans le contexte d’un dépérissement de l’emploi délocalisé hors frontières ou relocalisé dans des zones prioritaires (Lille) utilisant la main d’œuvre bon marché des autres zones (bassin minier).
Cette mutualisation des services publics voudra donc dire aussi regroupement (sous prétexte comme à chaque fois de spécialisation) des hôpitaux, des facultés, des lycées, des bureaux de poste, des gares, des trésoreries, des tribunaux, des Assedic, des commissariats et gendarmeries, des centres culturels, sportifs, … Tout cela n’est pas une vue de l’esprit, c’est déjà en marche et, associé au projet de disparition des communes et des départements, travaille à mettre en place un « euro machin » déshumanisé, dernier terrain de loisirs pour les euro-bobos de tous poils .
Au-delà de cette UMPS qui mêlent ceux qui assument le capitalisme à ceux qui l’accompagnent, rien n’est dit par ailleurs (et notamment dans le 62) sur cet euro–plan de la bourgeoisie par « l’autre gauche » , aveuglée et empêtrée dans son mensonger message d’Europe sociale, tout cela ajouté à l’assourdissante absence de questionnement d’une presse locale majoritairement complice .
Alors il nous faut, à nous les habitants du Bassin Minier, à nous le peuple Ch’ti, salariés du public et du privé, chômeurs, retraités, lycéens, étudiants, petits commerçants et artisans, bref tous ceux qui vivent, ont vécu et vivront de leur travail nous mettre déjà en position de résistance pour sauver d’abord l’emploi industriel dans notre secteur, en soutenant notamment toutes les luttes des métallos pour garder et améliorer leur emploi .
L’enjeu de garder l’emploi à la Française de Mécanique (et chez ses sous traitants) est ainsi aujourd’hui vital pour toutes les villes aux alentours de cette usine car comment légitimer la sauvegarde des services publics ou à la personne dans un désert social sans travail et sans production de valeur ?
Affirmer que la solution ne viendra pas du Louvre ne consiste pas par ailleurs à abandonner l’idée de donner enfin au bassin minier un véritable essor culturel, à partir de son histoire ouvrière, de son passé de lutte en amplifiant ce qu’ont toujours historiquement su tenir par exemple les villes communistes du secteur : une politique de culture populaire participative et émancipatrice au plus près du quotidien concret des habitants .
Bien sûr, une telle ambition est directement liée à une véritable politique de la jeunesse (CAJ) et de la participation démocratique des habitants (comités de quartier réellement populaires et souverains ) .
De plus, défendre l’emploi industriel, notamment automobile n’exclut pas de poser les jalons d’une vision plus écologique de la production industrielle et des transports. Autant de préoccupations éloignées, voire antinomiques des pharaoniques projets des « décideurs » locaux pas regardant à ce que les capitalistes aillent polluer gravement ailleurs et que le trajet domicile /travail des salariés « mobiles » ne cesse de s’allonger .
Pour la section de Lens, Jean-François Maison